l'humanité est touchée par ce fléau que l'on nomme cancer. Ce mot qui fait peur, mot qui tant que l'on est pas touché, nous essayons de laisser loin de nos pensées. Pourquoi ce nom, Antidote, parce qu'aujourd'hui, je fais partie, de ces hommes et de ces femmes qui réalisent tout ce que cela implique, ce bouleversement majeur de sa vie. Sa vie ... elle ne tient qu'à un fil, l'espoir que la science à les outils qui vont te sauver. Alors Antidote pour essayer pour partager, échanger, se renseigner, exorciser sa peur , espérer... l'écriture pour aider.

22 avr. 2017

Apprendre à vivre au fil d' instants fragiles




Vivre avec un un cancer, c'est apprendre à vivre au fil d' instants fragiles, de regarder nos rêves se briser, de se confronter, au quotidien, à des difficultés, à des contrariétés, à des problèmes. Il est souvent nécessaire de reprendre le contrôle des émotions, de retrouver un moment de calme, de sérénité.

Si nous n'y prenons garde, le cancer prend toute la place dans notre vie.  La répétition des épreuves a un effet d'usure et c'est au mental de prendre la relève pour éviter de sombrer. Notre cheminement est fait de hauts et de bas, parsemé d'espoir, mais aussi de cette envie tenace de renoncement

Malgré l'usure physique,  qui entraîne un  affaiblissement physique, je m'attache à garder des activités, variées, pour éviter de ne vivre que cancer. C'est vital pour mon équilibre.

Internet, c'est un outil formidable qui nous permet de faire partie d'une communauté, en grande partie virtuelle, mais pas uniquement. On y fait de belles rencontres, réconfortantes. Internet occupe donc une bonne partie de mes journées, particulièrement le matin. Mes après-midi se vivent le plus souvent à l'extérieur , suite à l'incontournable sieste que réclame le corps.

Cette sieste réparatrice est actuellement de plus en plus longue. La fatigue liée à l'accumulation des chimios est en augmentation et il est impossible de lutter contre cela. J'en suis contrarié, mais je dois faire avec.

Les chimios, ce n'est pas terminé! je viens de prendre une rallonge d'au moins deux séances supplémentaires. A la suite de ces deux séances, un scanner est planifié. C'est lui qui va donner le ton pour les mois suivants. Cela vient donc mettre en veille mon plan d'escapade à l'étranger prévu pou les vacances avec ma compagne. Une fois de plus nous nous heurtons à la difficulté de projeter sur l'avenir. Le répit que demandent mon corps et mon esprit va devoir attendre ou trouver un plan B.

Mais bon, au départ de tout cela, il n'y avait que la Nuit comme perspective. Les souvenirs d' un film qui se rembobine. Un an et demi s'est écoulé et je suis toujours là, bien vivant, donc je ne vais pas me plaindre de quelques déconvenues!

L'oncologue s'acharne pour l'instant sur les métastases hépatiques, mais n'apporte toujours pas de réponse à l'augmentation des PSA. Il me semble qu'il espère que cela va se réguler naturellement. Moi je ressens surtout de la gène quand j'aborde le sujet; En fait il ne sait pas, il navigue à vue, ce qui n'est pas spécialement rassurant.

En attendant, je vais encore secouer le Ciel, et faire tomber quelques étoiles! en espérant que mes jambes supporteront le poids de chacun de mes pas. Je piétine parfois un peu, les marches  semblent hautes, mais j'en fais abstraction et surtout j'évite de  penser à la chute.

Je vais terminer par une phrase que j'aime bien

 "Il faut avoir la souplesse du saule, la résistance de l’osier et la modestie du lotus"