l'humanité est touchée par ce fléau que l'on nomme cancer. Ce mot qui fait peur, mot qui tant que l'on est pas touché, nous essayons de laisser loin de nos pensées. Pourquoi ce nom, Antidote, parce qu'aujourd'hui, je fais partie, de ces hommes et de ces femmes qui réalisent tout ce que cela implique, ce bouleversement majeur de sa vie. Sa vie ... elle ne tient qu'à un fil, l'espoir que la science à les outils qui vont te sauver. Alors Antidote pour essayer pour partager, échanger, se renseigner, exorciser sa peur , espérer... l'écriture pour aider.

17 mai 2017

Ce n’est pas un endroit qui ressemble à la Louisiane








Ce n’est pas un endroit qui ressemble à la Louisiane.
Ceux qui viennent là, ils ne l’ont pas choisi. Chaque excursion vers Bordeaux nord, est devenu une épreuve . Ce n’est pas la destination préférée des touristes... ils préfèrent le centre de la ville, tout comme moi. Je pénètre dans la clinique pour la sixième chimio de cette deuxième série

C’est un voyage au bord de la nuit. Mais c’est un voyage nécessaire, aux multiples escales, voyage qui semble sans fin, avec son lot de rituels. Pour la énième fois, je franchis la porte du bureau de l'oncologue, entre crainte et espoir.

Le bilan sanguin me permet d'accéder à l'épreuve suivante, la chimio. Le taux de PSA à  légèrement baissé, mais pas suffisamment au goût de l'oncologue, ni au mien d'ailleurs. Donc changement de programme.

Je suis convié à six séances supplémentaires, pour mon plus grand plaisir. Pas de scanner pour l'instant, une simple échographie du foie est à prévoir. Ce n'est pas une surprise. J'avais envisagé ce scénario, donc juste une déception, une de plus...

La suite, vous la connaissez; validation des produits par le médecin, réception de ceux-ci par l’infirmière, injection, sans oublier de vous demander à chaque changement de poche, votre nom, prénom et date de naissance pour être bien sûr de vous administrer le bon produit.

Les produits, ils vont se succéder, un à un, chacun à sa vitesse programmée. La première poche, les prémédications, les suivantes, elles viennent  déverser ce poison qui est censé vous faire du bien, tout en vous vous faisant du mal. j’accepte d’être maltraité, car même si ce n’est pas agréable, c’est nécessaire. je sens mon corps s’alourdir et ma tête se volatiliser, puis cela passe ...

Je me sens comme un genre de marin, sur son bateau, affrontant la brume et le vent. Relation mystérieuse entre le traitement et moi. En fait, ce n'est pas que je me sens mal, je ne me sens rien. Ou plutôt je ressens une infinie patience, plus vaste que je ne  croyais et une confiance, plus profonde qu'il n'y paraît.

Prendre le large, celui des vagues. Perdre de vue le rivage et partir là ou l'on ne sait rien ... puis revenir. Fin de séance.

Adieu douleur, adieu supplice, je retourne chez moi.  Je vais affronter la deuxième phase, celle des effets indésirables, mais je m'en fiche, je suis chez moi et cela ressemble un peu à la Louisiane ....